L’amour ça fait (un peu beaucoup) chier

Tu la sens cette piqûre dans ton cœur ? Tu les sens ces papillons qui virevoltent dans ton estomac et qui vont bientôt remonter ton œsophage ? Tu le sens ce pouls qui s’accélère au contact de ses yeux, de ses doigts, de ses lèvres ? Tu le sens ce cœur qui bat à vive allure au fond de ta cage thoracique ? Bien sûr que tu sens tout ça. Tu les sens car ça t’est rarement arrivé et que c’est quelque chose de très spécial.

Félicitations, tu es amoureuse. Enfin, si ça ne tenait qu’à moi, je te souhaiterais plutôt toutes mes condoléances. Ouais, tu vas en chier. Et pas qu’un peu.
Parce que faut pas croire que l’amour c’est tout beau tout rose comme tous les films essaient de nous le faire croire, loin de là. Quand tu pars, le mec dont t’es folle ne vient pas te rattraper en courant pour ensuite t’embrasser fougueusement. Il est plutôt du genre à te laisser déprimer plusieurs mois et à revenir comme si de rien n’était quand ton cœur est enfin réparé. Et toi t’es là, le cul entre deux chaises, à pas savoir quoi faire. Je l’accepte à nouveau dans ma vie au risque de souffrir intensément comme ça a été le cas durant ces derniers mois ? Ou je le rejette en oubliant complètement l’hypothèse d’une belle histoire d’amour que je ne vivrai avec personne d’autre ? Je sais pas. J’ai pas envie de savoir, en fait. C’est sûrement pas lui qui va m’aider à me décider en plus de ça. Il arrive toujours quand il faut pas. Il chamboule tous mes projets. Évidemment que si je lui demande son avis il va me dire de rester avec lui comme il est dans un bon jour. Mais quand il sera dans un mauvais jour, il se passera quoi ?
Bon, cela dit, faudrait déjà qu’il revienne. 

Bordel, je t’aime.

Je veux pas dormir seule ce soir. Pas encore. J’ai envie que tu sois là, près de moi. D’être dans tes bras. Je sais que t’es pas le plus téméraire ni le plus courageux. Ça je l’ai bien remarqué. Mes copines aussi. Elles seraient d’ailleurs pas d’accord pour que je sois dans tes bras, elles. Mais peu importe. Tu es celui qui m’a redonné espoir en l’amour alors que je n’y croyais absolument plus. Tu m’as fait le même effet que si quelqu’un offrait une maison entièrement équipée à un sdf. Quoi que rien qu’une maison, même pas équipée, je pense que l’effet ressenti est déjà assez important. T’es un peu mon sauveur, en fait. Parce qu’en plus de m’avoir redonné espoir en l’amour, tu m’as fait prendre confiance en moi. Chose extrêmement difficile. Tu m’as dit des choses qu’on ne m’a jamais dites. Tu m’as regardé avec des yeux remplis d’étoiles. Tu m’as gardé éveillée devant toi pendant plusieurs heures jusqu’à ce que je te dise que la personne qui pourrait me rendre plus heureuse que lui, c’est toi. Tu m’as bien cuisiné pendant trois heures pour que je le sorte enfin de ma bouche. Même si tu savais déjà que c’était toi.

Ce que je comprends pas, c’est pourquoi t’as pris peur d’un coup, comme ça. Je ne t’ai pourtant pas demandé en mariage, je ne t’ai pas non plus demandé de me faire des enfants. J’avais juste envie de passer des bons moments avec toi. Mais vous avez une sacrée manie les hommes, à vouloir vous protéger de la souffrance avant qu’elle n’arrive. Tu as peur de souffrir, alors tu m’as repoussé. Mais, POURQUOI ? Pourquoi, les hommes, vous vous dites que forcément, ça ne pourra pas aller bien et qu’à un moment vous aller souffrir ? J’aimerais comprendre votre logique. Profitez de l’instant présent et ne vous souciez pas du futur.

Si je devais me construire une carapace comme tu l’as fait pour me protéger, je ne sortirais même plus de chez moi tellement j’ai souffert auparavant. Mais ce n’est pas parce que tu as souffert avec quelqu’un que tu souffriras obligatoirement avec quelqu’un d’autre. Tant pis. J’accepte le fait que tu sois peureux. J’accepte le fait qu’à certains moments tu sois un vrai lâche. J’accepte, parce que mine de rien et quoi que mes copines en pensent, quand je suis avec toi je suis bien. Mais tu as peur.

Heureusement que je ne t’ai pas dit LA phrase qui fait fuir. Et puis merde, je le dis : je t’aime. De toute façon, t’es déjà parti.